Revue Sources

Au coeur d’un quartier populaire de Turin, une expérience ecclésiale originale: L’Arsenal de la Paix. Au cours des années soixante, un groupe de jeunes chrétiens donnent naissance au SERMIG (Service Missionnaire Jeunes). Ils poursuivent un rêve audacieux: abolir la faim dans le monde.

Dans ce but, ils s’engagent dans plusieurs activités afin de financer des projets dans divers pays du tiers monde. Plus tard, dans les années 80, ils obtiennent d’occuper un arsenal militaire abandonné, propriété de l’Etat. L’édifice, constitué de plusieurs pavillons, est devenu peu à peu habitable grâce à l’aide de nombreux bénévoles. La première pièce à être inaugurée fut la chapelle. Son tabernacle, ancien four qui servait à fondre les métaux pour produire des canons, rappelle avec force la prophétie d’Isaïe: « De leurs épées ils forgeront des socs et de leurs lances des faucilles. Les nations ne lèveront plus l’épée l’une contre l’autre et l’on ne s’exercera plus à la guerre » (Is 2,4). Les armes cèdent leur place à l’accueil, la prière et le travail. On pourrait parler de créativité évangélique.

Le rêve d’un groupe de jeunes est devenu non seulement réalité mais témoignage adressé à « celui qui croit, à celui qui ne croit pas, à celui qui croit croire et à celui qui croit ne pas croire ».

« La bonté est désarmante ». Cette maxime qui accueille le visiteur est inscrite sur un mur de briques ébréchées où figurent les noms de pays et des lieux où le SERMIG a financé des projets et créé des liens de fraternité. L’attention aux lointains se conjugue avec l’accueil de celui qui frappe à la porte de L’Arsenal. Une porte ouverte 24 heures sur 24! Beaucoup de gens, souvent des émigrés, parfois des anciens détenus, y ont trouvé une famille qui leur a permis de rebondir dans la vie. S’il est des murs qui séparent, il en est d’autres qui disent que la solidarité est possible. Encore faut-il être assez fou pour y croire et s’y engager. A L’Arsenal de la Paix on respire le parfum de l’amour, souligné symboliquement au moment de l’offertoire de la messe: un sac de jute circule et rappelle un mot cher à cette fraternité: « restitution ». Chacun est invité à y déposer concrètement ou dans le secret de son coeur ce qu’il souhaite rendre aux autres en capacités, disponibilité, créativité, pour que dans la foi l’impossible devienne possible!

Les jeunes des années soixante sont devenus des adultes: mères et pères ou même grands-parents; d’autres ont choisi la vie consacrée. Ainsi, l’actuel SERMIG s’offre dans le panorama de la vie ecclésiale italienne comme un monastère à l’intérieur d’une famille élargie, la Fraternité de l’Espérance. Fidèle à son histoire, le SERMIG continue d’avoir une attention particulière aux jeunes. Vu les difficultés qu’ils rencontrent dans le monde actuel, on a demandé aux autorités mondiales que les jeunes soient reconnus comme « patrimoine de l’humanité ». C’est à eux que s’adressent la plupart des activités régulièrement proposées à L’Arsenal de la Paix: chantiers de travail, de prière, de réflexion, journées de rassemblement.

A la demande de Dom Luciano Mendes de Almeida naît en 1996 à São Paulo L’Arsenal de l’Espérance. Ce lieu avait abrité des milliers d’immigrants venus remplacer les anciens esclaves des plantations de café et de coton. Aujourd’hui, L’Arsenal de l’Espérance accueille les immigrés ruraux à la recherche d’un avenir dans la métropole brésilienne.

En 2003, naît encore à la demande du patriarche de Jérusalem, L’Arsenal de la Rencontre à Madaba, en Jordanie. Il accueille tout particulièrement des enfants et des jeunes atteints d’un handicap physique ou psychique.

Par la foi, le rêve d’un groupe de jeunes est devenu non seulement réalité mais témoignage adressé à « celui qui croit, à celui qui ne croit pas, à celui qui croit croire et à celui qui croit ne pas croire ». Grâce à la Fraternité de l’Espérance des millions de personnes ont aidé d’autres millions de personnes. Son champ est à la démesure de la foi; sa devise est de travailler en silence, avec sérieux et compétence; sa passion est de transmettre l’espérance; sa règle est la patience et l’exigence; le résultat est un bien, un bien fait!


Federica Cogo, piémontaise, est aumônière à la prison « Champ Dollon » de Genève.

 

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