Revue Sources

Dans les villes de grande solitude,
Moi, le passant bien protégé
Par deux mille ans de servitude
Et quelques clous sur la chaussée,

Dans les villes de grande solitude,
De nouvel an en nouveaux nés,
Quand j’ai bu plus que d’habitude,
Me vient la faim d’un carnassier,

L’envie d’éclater une banque,
De me crucifier le caissier,
D’emporter tout fort qui me manque
Et de disparaître en fumée.

Mais dans les villes de grande solitude,
Tous les héros se sont pollués
Aux cheminées du crépuscule
Et leurs torrents se sont calmés.

(…)

Mais dans les villes de grande solitude,
Quand l’alcool s’est évaporé,
Je replonge dans la multitude
Qui défile au pas cadencé.

J’ai peur d’avoir brisé des vitres,
D’avoir réveillé les voisins
Mais je suis rassuré très vite :
C’est vrai que je ne casse rien.


Michel Sardou

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